De Rennes à Vienne : mon parcours de mobilité inclusive entre rêve, engagement et autonomie
Laure, France, Age 29Profiter de chaque instant, prendre confiance en soi et oser : le volontariat européen, une expérience qui transforme.
Au cours de mes études supérieures, il y a maintenant 6 ans, j’ai souhaité faire une pause dans mon cursus. Cette pause m’a donc permis de m’engager dans un premier temps sur une mission de service civique en France. En parallèle de mes démarches pour effectuer cette mission, l’envie de partir à l’étranger devenait de plus en plus importante, présente mais je craignais de partir seule en raison de mon handicap moteur. Ça été un processus, tout d’abord, grâce à l’accompagnement de 2 associations rennaises Jeunes à Travers Le Monde et Handisup Bretagne, je suis partie une 1ère fois pendant 3 jours à Jersey. Ce projet avait pour objectif d’accompagner plusieurs jeunes avec et sans handicap lors d’une 1ère mobilité courte. On a pu découvrir la ville tous ensemble, passer des entretiens en anglais avec des professionnels… J’en garde un super souvenir !
À la suite de cette première expérience très positive, j’ai participé à un second projet collectif avec d’autres jeunes français. Depuis de nombreuses années, je rêvais de partir en Espagne car c’est un pays que j’affectionne tout particulièrement. Je voulais notamment découvrir la culture locale, rencontrer de nouvelles personnes et développer mes compétences professionnelles. J’ai effectué un stage d’un mois en Espagne dans une école auprès de jeunes en situation de handicap. Au cours de ce mois, j’ai eu la chance d’être logée dans une famille d’accueil (dont la maison était accessible pour moi notamment au niveau de la salle de bain), c’était l’immersion totale comme je le souhaitais !
Grâce à ces deux premières expériences de mobilité, j’ai attrapé un peu « le virus du voyage » et j’ai souhaité m’engager l’année dernière avec mon petit ami dans une mission de volontariat européen, un Corps européen de solidarité court terme plus précisément. Nous avons réalisé notre mission ensemble au sein de l’Institut des Sourds de Turin et nous avons été accompagnés par Parcours le Monde Grand Ouest dans nos démarches. Notre mission a duré 2 mois. Je me souviens, nous étions si impatients de partir dès l’instant où nous avons été sélectionnés ! Avant de partir, avec l’aide de notre chargée d’accompagnement, nous avons fait des recherches pour la prise en charge des soins (j’ai besoin de 2 séances de kinésithérapie par semaine et un rdv mensuel chez un podologue) et réalisé une visio avec notre référent sur place pour pouvoir poser toutes nos questions qui a trouvé un centre de rééducation. Avant de partir, j'étais allée chez le médecin pour avoir une ordonnance. Le kiné parlait français, anglais, espagnol et italien, nous avons donc pu nous comprendre facilement. J’ai pu également louer un fauteuil roulant manuel sur place lorsque j’en avais besoin. Notre projet durait moins de 3 mois, je conservais donc mon droit à l’AAH (Allocation Adulte Handicapé) qui m’a aidé à avancer les frais pour les séances de kiné avant d’être remboursé par la Sécurité Sociale française. La ville était également très accessible ainsi que les différentes villes (transports publics, lieux publics …) que nous avons pu visiter (Venise, Milan, Pavie …) et nous avons pu compter également sur la gentillesse et la solidarité des gens rencontrés pour nous aider lorsque nous avions besoin comme à Venise où il y a beaucoup d’escaliers dans la ville.
Pendant notre projet, nous avions des points réguliers en visio avec notre chargée d'accompagnement. On n’est pas seuls, c’est rassurant. Nous avons également été accompagnés à notre retour. À la suite de ce projet, nous avons rejoint le réseau Europeers France afin de pouvoir témoigner de notre propre expérience.
Après une mission court terme, nous avons choisi de réaliser une mission de CES cette fois-ci long terme (+ de 6 mois). Le temps de recherche a été plus long que pour notre première mission (8 mois environ) mais le jeu en valait la chandelle. Nous sommes actuellement en mission de Corps européen de solidarité long terme en Autriche, pour 6 et 10 mois. Pour ma part, je suis volontaire au sein du bureau de l’association GRENZENLOS INTERKULTURELLER AUSTAUSCH, je réalise notamment des tâches administratives en lien avec la gestion des différents projets de mobilité, support à la communication, témoignage de mon expérience de volontaire lors d’évènements et sessions d’informations, organisation d’activités pour les volontaires en CES…
Nous avons sauté de joie en recevant le mail de confirmation car l’Autriche était le premier pays où nous souhaitions effectuer notre mission. L’accompagnement par notre structure d’envoi et notre structure d’accueil est tout simplement parfait. Nous avons pu dans un premier temps expliquer nos besoins en lien avec le handicap dans le formulaire de candidature puis donner des informations complémentaires lors d’une visio. Ensuite, nous avons échangé de nombreux mails avec notre référent sur place et nous sommes allés à Vienne avec notre chargée d’accompagnement (de notre structure d’envoi) pendant 3 jours, le mois précédent le début de notre mission. Cette visite préparatoire était notamment l’occasion de découvrir nos lieux de mission, rencontrer l’équipe, nos logements, échanger autour des missions et des aménagements nécessaires … J’ai trouvé cette visite primordiale pour débuter la mission dans de bonnes conditions et très rassurante. Les démarches ont été sensiblement les mêmes que pour le départ en Italie et je me suis sentie très soutenue autant par notre structure d’envoi que d’accueil, c’est très important, j’ai commencé ma mission très sereine. Pour chaque difficulté rencontrée, nous avons pu trouver ensemble la solution la plus adéquate pour moi. Par exemple, j’ai pu bénéficier d’une aide à domicile pendant 2 mois pour m’aider à prendre une douche (car la salle de bain de mon premier appartement n’était pas accessible) et je vis maintenant dans un logement en toute autonomie. Je bénéficie d’un soutien financier de la part de ma structure d’accueil pour toutes les dépenses liées au handicap. Mes collègues sont très à l’écoute et il s’agit d’un projet inclusif (par exemple, pour chaque activité proposée pour les volontaires, une attention est portée au fait de choisir un lieu accessible pour moi, des rampes ont été installées dans le bureau pour faciliter le passage de quelques marches…).
Selon moi, la communication est extrêmement importante ainsi que la planification et l’organisation.
Grâce à cette nouvelle expérience, je prends confiance en moi, j’ose tester de nouvelles choses, je deviens autonome. Autrement dit, c’est l’une de mes plus belles expériences de ma vie !
Le conseil que je donnerais à un autre jeune qui souhaite partir : « Oser, poursuivre son envie, son projet, se faire accompagner si on en a besoin et surtout profiter de chaque instant, car le temps passe très vite et c’est une expérience unique !
Retrouvez son témoignage et des informations sur l'accessibilité des lieux qu'elle visite sur sa page Instagram.
Updated on An Mháirt, 17/02/2026