Comment l’échange virtuel peut-il influencer la vie des «réfugiés»?

Bilal a découvert l’initiative Erasmus+ Virtual Exchange pour la première fois en 2018, et est convaincu que sa participation au projet lui a été « essentielle » pour comprendre sa nouvelle communauté d’accueil. Forcé de quitter son foyer de Homs (Syrie) il y a six ans, il reconstruit actuellement sa vie en Turquie. L’échange virtuel (c’est-à-dire des dialogues en face-à-face, portés par la technologie) lui a donné la possibilité de raconter son histoire à ses pairs européens, loin des partis pris médiatiques.
Le projet l’a également mis en contact avec des participants venant d’autres zones de conflit n’ayant pas pu poursuivre leurs études, et qui n’avaient jamais rencontré quiconque ne venant pas de leur pays : « Erasmus+ Virtual Exchange est une opportunité unique pour les réfugiés, et ils la méritent », affirme-t-il.
Le premier échange virtuel auquel Bilal a participé s’est déroulé dans le cadre du cours interactif « Refugees in Europe » (« Refugiés en Europe »), qui a rassemblé des jeunes refugiés et non-refugiés d’Europe et des pays du sud de la Méditerranée. Les participants ont discuté de ce que signifie la « citoyenneté », et parlé d’identité et d’enjeux sociétaux. Bilal travaille à présent comme facilitateur dans le cadre d’Erasmus+ Virtual Exchange et d’autres projets.
Q. As-tu eu le sentiment que ce cours a permis une prise de conscience de l’expérience des « réfugiés/nouveaux arrivants » ?
R. Ce cours m’a permis de réaliser à quel point il est important pour nous, en tant que Syriens et nouveaux arrivants en Europe, de nous exprimer. Nous avons besoin de raconter notre histoire et de faire en sorte que d’autres l’entendent de notre bouche, et non à travers les médias. Il est également essentiel d’ouvrir des voies de communication avec nos nouvelles communautés. Cela aide à notre intégration et notre compréhension. Cependant, lors de ce cours, nous avons aussi trouvé des bases qui nous sont communes à tous : résidents et refugiés/nouveaux arrivants. Nous étions d’accord sur le fait que de nos jours, il est difficile de parler d’identités différentes, les vagues de migration actuelles nous poussent à construire une identité commune à tous.
Q. Te souviens-tu d’un moment en particulier qui a eu un impact sur toi (ou le groupe) au cours de ta participation ?
R. Je me souviens encore de la fois où l’un des participants a dit : « C’est la première fois que je parle à un réfugié, maintenant je sais qu’ils sont comme moi. Les médias m’ont donné une mauvaise image d’eux et cela affectait ma relation avec eux ». À ce moment, j’ai compris l’impact de ce programme. Il améliore notre esprit critique et nous donne les compétences pour nous aider à (presque) atteindre la vérité.
Q. Qu’as-tu retiré de ta participation au cours « Refugiés en Europe » (« Refugees in Europe) ?
R. J’ai développé de nouvelles connaissances, relations, amitiés, une nouvelle façon de penser.
Q. As-tu eu des contacts avec des participants qui ont habituellement un accès limité à l’éducation ou aux expériences interculturelles ?
R. De nombreux participants viennent de zones de conflit, beaucoup d’entre eux n’ont pas pu quitter leur pays et n’ont donc pas pu continuer leurs études. De plus, certains d’entre eux n’avaient jamais rencontré de gens d’autres pays ou cultures. Souviens-toi, les conflits tels que celui en Syrie ont commencé il y a neuf ans. Ces participants étaient si enthousiastes de rencontrer des gens de différents horizons et de partager leurs histoires avec eux. Je suis fier de contribuer à leur donner accès à une plateforme où ils peuvent s’exprimer et apprendre des autres. Cependant, il y a encore des personnes vulnérables vivant dans des camps de réfugiés et des zones de conflit qui n’auront jamais la chance de participer à des projets tels qu’Erasmus+ Virtual Exchange. Nous devons travailler dur afin de leur fournir un accès à internet.
Q. Que peut offrir l’échange virtuel aux réfugiés ?
R. Les réfugiés ont besoin de plateformes leur permettant de comprendre ce qui se passe dans le reste du monde et d’espaces sûrs dans lesquels s’exprimer. Le projet Erasmus+ Virtual Exchange ouvre une fenêtre sur les échanges multiculturels, une chose qui n’est pas toujours accessible aux refugiés ; c’est une opportunité unique, et ils la méritent.
Q. Quel impact ta participation au projet Erasmus+ Virtual Exchange a-t-elle eu sur toi ?
R. J’ai gagné en assurance. Maintenant, je crois que nous pouvons tous contribuer à la promotion d’un changement global. Le projet Erasmus+ Virtual Exchange m’a permis de réaliser que l’impact que nous pouvons avoir sur la société n’est pas lié à là d’où nous venons ou au type de document officiel/nationalité que nous avons, mais des efforts que nous sommes prêts à fournir dans nos expériences d’apprentissage et d’échange.


